La Boîte à sel fabrique un théâtre avec de multiples objets sonores créant ainsi des univers enchanteurs et des aventures originales. Pendant le festival Noob qui se tient jusqu'au 11 avril à Pont-Audemer, la compagnie de Céline Garnavault et Thomas Sillard joue Bad Block et Mi-Pneu mi-punk et propose une exposition interactive.
La Boîte à sel aime bien évidemment jouer ses spectacles. La compagnie de Céline Garnavault et Thomas Sillard prend également un réel plaisir à présenter l'envers du décor. « Nous voulons montrer comment les objets fonctionnent, explique la marionnettiste et metteuse en scène. Le public peut les manipuler. Ce qui permet d'entamer un vrai dialogue avec lui. Par ailleurs, nous souhaitons désacraliser ce que l'on fait. Avant toute réalisation, il y a une idée, des recherches, un cheminement, des coups d'essai, des ratages. »
Pendant le festival Noob, qui se déroule jusqu'au 11 avril à L'Éclat à Pont-Audemer, La Boîte à sel a installé une exposition de divers objets, bricolés et animés de manière artisanale, comme le petit train de Track, les boîtes à meuh 2.0 de Block et toute sorte de pièces à manipuler pour s'amuser. Quatre courts métrages, réalisés avec les archives de la compagnie, documentent également sur le travail de création.
Une diva insupportable
Il y a aussi La Tête, enfermée dans une boîte en bois, qui en sort et s'y cache comme un coucou. Il suffit d'appuyer sur un gros bouton jaune et de l'animer avec deux joysticks pour discuter avec elle. Inventée par Thomas Sillard, cette Tête est faite d'un cerclage de métal, de boulons, de fils, de deux balles de ping pong, d'un caoutchouc de bocal et d'un moteur. Avec La Boîte à sel, il suffit de quelques pièces pour créer une créature plein de vie et étrangement d'humanité.
Et La Tête n'en manque pas dans Mi-Pneu mi-punk, joué samedi 11 avril à la Micro-Folie. « Quand Thomas me l'a présentée, elle a parlé et je l'ai trouvée irrésistible », se souvient Céline Garnavault qui la manipule sur scène. Dans son tour de chant, La Tête fait donc étape à Pont-Audemer avec ses neuf choristes, Les Bouches, pour interpréter avec sa voix métallique un répertoire de titres pop-rock électro irrévérencieux, écrits et composés par le prolixe Kim Giani. Elle chante ses doutes, son incompréhension de la société, son amour pour les sushis et les tartines de beurre, annonce sa décision de se présenter aux prochaines élections présidentielles, confie son ennui au milieu de la nature et invite à danser le disco.
Parfois, cette artiste a un peu la grosse tête. Elle n'hésite pas à oublier son compositeur et à s'approprier l'écriture de son album. La Tête peut se comporter comme une diva, punk, pétillante et déprimante. « Elle est de temps à autre insupportable et se montre peu tendre avec son public et ses choristes. Mais elle vit une grande carrière et elle en est très contente. Il est vrai qu'elle sait tout chanter », indique Céline Garnavault. La Tête a une sacrée présence sur scène et mène son concert avec ardeur.
