LA TÊTE MI-PNEU MI PUNK - Textes drôles et chansons entêtantes, un régal dès 6 ans.
Les Bordelais de la compagnie La Boîte à sel ont
sorti là l’un de ces petits bijoux de la création
jeune public, qui ne manquera pas de combler
d’aise parents et enfants pendant quelques saisons.
À vrai dire, en considérant la promesse qui nous était
faite, celle d’un «tour de chant geek techno-bricolé», on a
craint un moment de bien vite en découvrir les ficelles.
C’est tout l’inverse qui s’est produit et raisonner ainsi,
c’était aussi méconnaître le talent d’une équipe qui a déjà
livré de très intéressantes créations. Comme dans Block
(2018) ou Track (2021), le jeu tout en finesse de Céline
Garnavault côtoie une technologie bricolée qui sait préserver toute l’humanité du propos. La Tête, en elle-même,
n’est faite que de quelques pièces tout droit sorties d’une
boîte de Mécano, des traits minimalistes comme jetés
sur un carnet de croquis. Une bouche, des yeux, tous
animés et pleins de « vie ». Cette vedette de la chanson,
que l’on imagine volontiers sur le déclin, est bavarde,
aigrie, souvent odieuse avec ses choristes, son assistante
(Céline Garnavault) et même le public avec lequel elle
interagit. On l’aime comme on la déteste. Les textes sont
drôles, les chansons entêtantes, elles s’enchaînent dans
le plus grand naturel, et la trame narrative qui voit
les choristes se rebeller contre la tyrannie de la Tête est
parfaitement crédible. Les rires fusent, la salle se prend
au jeu. À la fin de la représentation, les adultes sont déjà
sortis, mais pas les enfants, certains sont restés à leur
place. Après avoir applaudi, ils attendent l’ultime
rappel que leur offrira finalement la Tête. Un vrai régal,
dès 6 ans.
