Les arts de la marionnette en nouvelle aquitaine - vers une structuration régionale - Paroles d'artistes
«Dans notre société on a tendance à tout classer, y compris ce que l’on considère comme vivant ou pas. Avec notre théâtre d’objets sonores connectés, nous nous mettons à l’écoute de ce qui se tisse entre l’imaginaire des humains et les objets.»
Le travail développé par la
compagnie La Boîte à Sel est
traversé par la question de l’animation au sens fort, dans l’idée de
«donner vie » et de faire émerger le
vivant à tous les endroits, y compris
les plus inattendus.
Pratiquant un théâtre d’objets
et d’explorations plastiques,
Céline Garnavault rencontre le
créateur sonore Thomas Sillard en 2016, et découvre que
le son est un « fabuleux matériau à manipuler ». De cette
rencontre entre deux mondes naît un nouveau langage,
dans lequel les objets sonores connectés deviennent
les acteurs d’une scénographie vivante : « Nous entretenons un lien très particulier avec les objets, que nous
considérons comme des protagonistes à part entière.
À La Boîte à Sel, tous les intervenants (régie, assistanat,
technique…) deviennent marionnettistes. »
En prêtant vie aux objets, ceux-ci acquièrent vite leur
propre autonomie, indique la metteuse en scène.
« La recherche-création sous-tend chaque projet, y
compris avec le public. C’est particulièrement vrai dans
notre dernier projet en date, «Bad Block », qui s’élabore
dans une démarche de coconstruction, sous forme de
laboratoires où les spectateurs sont invités
à manipuler les boîtes de son et à partager
leur expérience sensorielle. »
Ce théâtre d’objets sonores connectés se
base sur un processus souvent très long,
nécessitant de réaliser beaucoup d’essais,
de modifications… et avec beaucoup
d’allers-retours entre l’atelier et la scène.
«C’est un travail très méticuleux et long, or
ce temps doit être valorisé. » Les besoins en stockage
s’avèrent également généralement importants. Autant
de problématiques que la labellisation de l’espace Jeliote
à Oloron-Sainte-Marie (et de 6 autres scènes au niveau
national) peut contribuer à résoudre.
« Les associations professionnelles comme THEMAA
ont réalisé un travail énorme pour valoriser la filière
marionnettes et la communauté apparaît aujourd’hui
bien coordonnée. Je me réjouis de la plateforme qui est
en train de se mettre en place en Nouvelle-Aquitaine :
elle n’en est qu’à ses balbutiements mais c’est essentiel
de créer de l’interconnaissance entre tous les acteurs
de la marionnette, qui plus est sur un territoire vaste
comme la Nouvelle-Aquitaine. »
